Intervenants : Sabine Barles, chercheuse, grand prix de l’urbanisme 2025 et Rainer Stange, paysagiste norvégien.
Débatteur : Raphaël Catonnet, aménageur, DG Oppidea Europolia.
Conception animation : Ariella Masboungi, grand prix de l’urbanisme 2016.
5 à 7, le mercredi 3 juin 2026 à 17h, événement accueilli à la Fabrique de la cité (Leonard Paris), 6 Place du Colonel Bourgoin 75012 Paris
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Réparer et préparer les territoires
Changer de braquet pour mettre en oeuvre une approche plus holistique de l’aménagement s’impose face aux réalités de la dégradation de l’environnement, à celle des catastrophes qui s’aggravent et aux conséquences du réchauffement climatique.
Comment agir dans un contexte de baisse des moyens de l’Etat et des collectivités ainsi que du retrait annoncé de certains acteurs (assureurs, investisseurs), de l’insuffisante capacité des opérations d’aménagement à enrayer la dégradation écologique du territoire ? Résolument, faudrait-il reconsidérer l’acte d’aménager, changer d’échelle, et « désiloter » les approches ?
Le « métabolisme urbain » popularisé par Sabine Barles, comme levier
Sabine Barles propose une voie pour y parvenir en réinitialisant les fondement d’une écologie territoriale, trop souvent réduite à des objectifs ou mots d’ordre par silos, polarisés sur les émissions de gaz à effet de serre, qui échouent à faire système. Sa connaissance approfondie du « métabolisme urbain », révèle le poids insoutenable des villes et territoires contemporains. Elle appelle à aborder les différentes échelles sur lesquelles l’aménagement peut redevenir un levier de transition écologique, ce qu’elle démontre par ses recherches à Toulouse, sur le Bassin de la Seine et ailleurs. Ayant le goût de la coproduction, elle ose des scenarios contrastés incluant le rôle de la société civile, l’évolution des modes de vie, les pratiques agricoles, la gestion des eaux, des déchets, l’économie et la politique.
Oslo et l’inventivité des paysagistes avec Rainer Stange
Oslo, laboratoire des politiques urbaines de Norvège, offre un cas de figure édifiant sur l’art de jouer avec l’eau dans ce territoire qui se définit par la forêt environnante préservée, ses 13 rivières et ses fjords. Le paysage y est à l’oeuvre depuis 1916, au service de la revitalisation des sols, de la phyto géographie des plantations, de la mobilisation sociale, des usages conviviaux. Ainsi le paysagiste Rainer Stange défend un « urbanisme de ruisseau » à travers le programme de réouverture des rivières à Oslo, jadis canalisées, générant des promenades-parcs, véritables vecteurs de qualité de vie en ville. Il énonce dans ses projets les sept facteurs de délices dont la mise en valeur des eaux, le souci de la dimension sociale, la mise en lumière… À l’heure où les paysagistes font de plus en plus équipe avec les écologues, l’inspiration norvégienne est de mise.
Un saut quantique pour l’aménagement ?
Comment l’aménageur pourrait-il être l’opérateur de cet urbanisme régénératif, économe en ressources qui répondrait aux besoins humains tout en protégeant et restaurant le vivant ? Démontrer la logique économique de cette démarche, voilà qui ferait faire un saut quantique à l’aménagement. Raphaël Catonnet, aménageur, DG Oppidea Europolia, débatteur de ce 5 à 7, ouvrira ce débat.
Rainer Stange est paysagiste à Oslo, professeur à l’école d’architecture et préside l’association norvégienne du paysage.